• La recherche bibliographique

    Être auteur.e, c’est s’amuser quand on écrit. Mais pas que.

    Pour faire un « bon » livre, il faut fournir un minimum de travail, je l’ai déjà dit. Une partie du boulot se fait en amont, avec la préparation. Et l’on commence toujours par : la recherche bibliographique !

     

     

    La recherche bibliographique, c’est une technique. Elle s’acquiert de diverse manière (expérience, fac, etc.)

    La recherche bibliographie consiste à rechercher les sources d’informations pour étudier un sujet. Bien sûr, pour un roman, on ne va pas vous demander de soutenir une thèse sur un point que vous souhaitez aborder. Après les recherches ne se font pas de la même manière selon le sujet que vous désirez aborder (on ne se renseigne pas sur une époque, un personnage historique ou un objet de la même manière).

     

    Bien que les profs le dénigrent beaucoup (et on les comprend), Wikipédia peut être une « bonne source de départ ». J’entends par là que si vous ne savez pas quel bout commencer, vous pouvez toujours jeter un œil sur l’encyclopédie en ligne. Elle pourra vous dire si le sujet que vous cherchiez correspond à vos attentes, vous donner une vague idée de la chose, puis de vous fournir des premières références de livres (oui, Wikipédia propose cela en fin de page).

    Avant ou après cette étape (si vous passer par la case Wikipédia), c’est le brainstorming : écrivez les mots clés des choses à rechercher. Cela peut-être du banal au très pointu comme, elfes, nains ; voiture des années 60, régime politique en France en 1850 ; technique de taille du silex au mésolithique ancien, rituel de thanatopraxie chez les Incas. Bref, n’hésitez pas à tout sortir !

    Si le côté brainstorming ne vous convient pas parce que vous êtes un.e auteur.e impulsif.ive (comme moi) et que vous vous lancez comme un enragé sur votre texte, notez les choses qui vous bloque ou que vous sentez que vous ne maitrisez pas afin de pouvoir les approfondir pendant ou après le premier jet afin de pouvoir retaper votre texte avec toutes les cartes en mains.

     

    Comment choisir les livres pour faire vos recherches ?

     

     

    Quand l’on choisit un ouvrage pour se documenter sur un sujet, il y a plusieurs choses à regarder (ou vérifier).

    L’éditeur. C’est bête, mais c’est important, surtout pour connaitre la fiabilité des livres proposées. Un éditeur spécialité dans l’ésotérisme qui propose un livre d’Histoire, ça fait bizarre, par exemple.

    L’auteur.e. (ou les auteur.e.s). Selon vos domaines de recherches, regarder qui a écrit le livre. C’est important pour connaitre la fiabilité du contenu. D’ordre personnel, en Histoire, évitez les livres d’hommes ou de femmes politiques qui auront un parti pris plutôt orienté. Pardon, mais quand un royaliste, très chrétien, écrit sur Jeanne d’Arc, je suis sûre qu’il ne fera pas la même analyse que si c’était un communiste athée. Après, soyons honnête, les historien.ne.s ont toujours un parti pris. Un universitaire spécialiste sera probablement plus compétent dans son domaine qu’un journaliste (même si certains journalistes peuvent être très bons). Pensez toujours à la pertinence de l’auteur.e.

    L’année de parution. Un ouvrage du début du XXe siècle n’aura pas le même contenu que celui de la fin de ce même siècle : les sciènes, idées, technologies, etc. évoluent. 

     

    Ce que je dis pour un livre est valable pour un magazine, une revue, un journal…

     

    Pour la sélection des livres, n’hésitez pas à partir de livre très généraliste (Le XXe siècle) pour aller vers le plus pointu (le travail des femmes sous le Second Empire). Je sais que j’axe beaucoup mon propos sur le côté Histoire, mais ça marche pour tout ! Même en fantasy, fantastique et SF, certaines recherches vous seront nécessaires (tout simplement pour mettre en place un système politique).

     

    Avec toutes ses infos en main, vous avez une liste de livres. Vérifier le sommaire de l’ouvrage pour savoir si vous allez bien trouver le thème que vous souhaitez aborder. Si le livre propose 10 pages sur le thème alors qu’il fait 300 pages au total, ce n’est peut-être pas trop la peine de « trop vous y attarder ».

     

    Prenez des notes ! Ou si vous achetez les livres, mettez des post-its. Perso, j’encadre aux crayons papier et j’annote les post-its, mais comme je n’aime pas revendre mes livres…

     

    Où trouver les livres ?

     

     

    Fort heureusement, pas besoin d’acheter une librairie entière pour bosser sur un sujet : les bibliothèques sont vos amis, et les bibliothécaires aussi ! Il y a les bibliothèques municipales, mais aussi universitaires si vous habitez dans, ou proche, une grande ville. Ces dernières ne sont pas réservées aux étudiants et aux enseignants (même si certaines zones vous seront probablement restreintes).

     

    Les archives. Je sais que cela peut être compliqué de se rendre aux archives, mais les archivistes sont des gens sympas qui doivent aussi vous aider dans vos recherches. Hormis quelques cas particuliers, les archives sont ouvertes à tout le monde.

     

    Les amis. Eh oui, sait-on jamais…

     

    Mais tout ne se trouve pas dans les livres ?

     

    Pour certaines recherches, il n’y a rien de mieux que de demander à des professionnel.le.s. Certes, si vous écrivez des mails à ces gens, vous n’êtes pas sûr d’obtenir une réponse, mais elles peuvent être une bonne source de renseignements dans les cas positifs. Elles peuvent aussi vous fournir des détails que les livres ne vous livreront pas forcément (encore ce qui se dit/écrit et ce qui se fait… en archéo, c’est flagrant).

     

    Les ami.e.s peuvent aussi vous aider. Votre ami.e a vécu 10 au Sénégal, vous obtiendrez plus facilement des informations sur la vie quotidienne là-bas que dans un livre.

     

     

    À la lecture de cet article (si vous arrivez jusque-là), vous allez vous dire : mais pour la SFFF, on s’en fout ! On fait bien comme on veut. Certes, il y a probablement moins de recherche que pour un roman sur fond historique ou policier, mais il me parait essentiel de tout de même savoir certaines choses, surtout si vous créez un système politique, des croyances, etc. Puis savoir ce qui a été fait dans votre genre, c’est pas forcément un luxe à négliger. Parce que si vous faites une histoire avec une blonde qui éclate des monstres, mais qui n’est pas foutue de suivre un cours au lycée et qui est amoureuse du beau brun ténébreux qui est un vampire végétarien, je vous répondrai que si j’ai envie de lire un truc entre Twilight et de regarder Buffy contre les vampires, je lis Twilight et je regarde Buffy contre les vampires… Bon, après, je ne peux pas vous empêcher d’écrire, mais n’oubliez pas qu’il y a des choses vue et revue. Et ce n’est pas parce que votre héroïne est brune et pas blonde que ça change grand-chose.

    Si pour vous la Fantasy, c’est Tolkien, essayé de savoir ce qu’il y avait avant Tolkien, ce qui diffère de Tolkien (pensez à Dark Crystal).

    Bon, j’avoue (voilà les cailloux), je n’ai jamais fait de recherches très poussées sur la Fantasy ou le fantastique pour écrire mes textes. Mais c’est vrai que je me pose beaucoup de questions…

     

     

    Mais pour certains de mes textes, j’ai lu et cherché des informations. Pour Chimères (chez Flammèches Editions), je me suis documentée sur Henri IV, Marie de Médicis, les tentions entre catholiques et protestants (merci à ma pote protestante pour certaines infos), ainsi que sur d’autres choses, mais je ne veux pas spoiler.

    Pour La dame aux hiboux, j’ai travaillé avec pas moins de trois biographies d’un même personnage historique (je ne peux pas vous dire son nom pour ne pas spoiler), avec un manuel d’Histoire (pour Licence) sur le XIXe siècle, j’ai eu du pot de tomber sur des documentaires à la TV sur cette période, j’ai lu des livres sur certaines croyances, certaines légendes.

    Et je peux vous le dire cash, j’ai toujours eu l’impression de ne pas faire assez de recherche…

     

    Bien sûr, selon le sujet, il y a plus ou moins de travail. Poser des questions parfois toute conne : mon personnage a un cheval (ouais, c’est cool !). Ça mange quoi un cheval ? En quelle quantité ? Ça coute combien (le cheval à l’achat, la nourriture) ? Il est pour la course ou pour le trait ? Il peut galoper combien de temps et sur quelle distance ? Je l’abrite comment ?

    Mon personnage a une épée : comment ça s’entretient ? C’est quel type d’épée ? Qui peut porter ce type d’arme ? Pourquoi ?

     

     

    Des questions qu’on devrait se poser plus souvent en fantasy… Et auxquelles on répond par de la recherche bibliographique.

     

    J’espère que cet article vous a permis d’obtenir un peu de méthodologie.

    N’hésitez pas à commenter, à faire part de vos impressions.

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