• La Malediction des Hommes-Roseaux

    Plume Imag'In Air a lancé un concours cet été consistant à faire une courte nouvelle à partir de cette photo.

    http://i175.photobucket.com/albums/w127/xian_palpatine/Blog%20Plume/_Rves.jpg

    (Photo de Hellisa, visible sur son BOOK. /!\ ne pas utiliser sans sa permission.)

     

    J'ai présenté ce texte.

     


    La Malédiction des Hommes-Roseaux




    Il y a de cela de nombreuses lunes, les miens et moi-même étions de fières et courageux chasseurs. Nous parcourions le monde, à la recherche de gibiers et de femmes. Nous formions un clan très soudé d’hommes forts et robustes. Aucunes bêtes ne pouvaient nous échapper. Le Grand Loup Blanc était notre guide et notre protecteur.
    Un jour, au détour d’une rivière, dans un merveilleux petit vallon, nous vîmes de magnifiques jeunes filles à la peau pâle et aux cheveux gris teintés de reflets bleutés. Elles jouaient gaiement sur les berges. Éblouis par leurs grandes beautés, nous décidâmes de tout faire pour conquérir leurs charmes. Comme le veut les coutumes de nos contrées, nous nous sommes présentés nus devant elles, exhibant fièrement nos sexes.
    Les jeunes femmes ne furent nullement impressionner, au contraire, elles prirent peur. Par des bonds gracieux, elles se jetèrent les unes à la suite des autres dans les eaux de la rivière. Aucune d’entre elles ne refit surface, ce sont de majestueux cygnes aux plumes blanches étincelantes qui ressortirent des profondeurs.
    Notre désir pour ces créatures fut renforcé par ces métamorphoses : objets de désirs et gibiers élégants. Mus par une pulsion que nous avions peine à contrôler, nous avons veillé, monté des pièges et mis en place de nombreux stratagèmes pour acquérir ces femmes. Toutes nos tentatives échouèrent.

    Une nuit, l’un de nous rêva. Il vit le Grand Loup Blanc s’approcher des femmes, jouer avec elles. Juste avant de sortir du pays des songes, il vit également notre guide spirituel les yeux injectés de sang, de la bave rouge coulant de sa mâchoire entre ses crocs acérés.
    Le lendemain matin, il nous fit part de sa vision. Dans la journée qui suivit, nous traquions et abattions suffisamment de loups pour tous nous dissimuler sous leurs peaux. Revigorés et enthousiasmés par cette extraordinaire partie de chasse, nous ne nous étions pas aperçût que le Grand Loup Blanc nous guettait, attentif à toutes nos actions.
    Puis vint le grand jour, celui où nous allions enfin atteindre celles que nos corps réclamaient violemment.
    Lentement, nous nous sommes glissés parmi ces femmes à la chevelure grise. Notre arrivée les perturba, les rendirent méfiantes. Le temps et notre patience jouèrent pour nous. Elles commencèrent à caresser les doux poils des peaux de loups qui recouvraient nos dos. Nous nous laissâmes faire. Puis elles acceptèrent que nous posions nos têtes sur leurs genoux. Enfin, nos mains virent toucher leurs peaux douces comme de la soie. Ce simple contact nous transcendait de désir.
    Alors que nous nous apprêtions à nous révéler et a, enfin, assouvir nos pulsions, le Grand Loup Blanc bondit au milieu du groupe compact que nous formions. Au son de hurlement de mort, les femmes se ruèrent dans la rivière se transformant en cygnes blancs. Nous, nous n’étions plus en mesure de bouger. Une force invisible et puissante nous empêchait de nous mouvoir ou bien de crier. Tel une bête féroce faisait la fine bouche pour choisir sa proie, le Grand Loup Blanc déambula parmi nous, ses yeux injectés de sang, nous dévisageant.
    La force imperceptible qui nous emprisonnait nous traîna vers les eaux de la rivière, nous laissant flotter à sa surface. Elle dirigea nos regards vers les sublimes cygnes, les rayons du soleil faisaient luire leurs plumes. Le Grand Loup Blanc vint s’interposer entre les majestueux oiseaux et nous. Une voix se fit entendre dans nos esprits.
    « Petits êtres faibles, je vous ai toujours accordé ma confiance et ma protection. Je vous avais mis en garde. Nul ne peut prendre mes filles sans en subir les conséquences ! Votre désir bestial nous a fais oublier ce que vous étiez : de grands et fières chasseurs. Je vous condamne à dévorer du regard ce que jamais vous ne pourrez avoir. »
    A ces mots, nos corps se mirent à se transformer. Notre peau se durcit, se changeant en un bois à la fois souple et dur. Nos cheveux devinrent de longues bandes, enchevêtrement de fibres, à allure de tissu. Puis ainsi métamorphosés, nos corps s’allongèrent pour que nos pieds-racines s’enfoncent dans les boues au fond de la rivière.

    C’est ainsi, que nous, les Hommes-Roseaux, sommes condamnés à regarder ces créatures, tantôt cygnes tantôt femmes, se baigner. Parfois, les calmes et soyeux volatiles viennent à nous, nous effleurent, mais jamais ne restent à nos côtés. Nous, nous les voyons se reposer au loin, posés sur un rocher émergeant.
    Au dessus de nous, le reflet du Grand Loup Blanc se dessine dans les sombres eaux de notre prison.

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