• La Belle et la Bête

    "La Belle et la Bête" est un film de Christoph Gans, avec Vincent Cassel, Léa Seydoux et André Dussolier. 

     

    Synopsis :

    1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.

    Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.

    Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.

    Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine.

    Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux.

    Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son coeur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

    Critique :

    Je savais bien qu’en allant voir ce film, je n’aillais pas voir un bon film. Je pensais que j’allais passer un moment sympa malgré tout : un joli film un peu niait avec juste Léa Seydoux pour gâcher le tout. Quoi qu’il en soit, je pensais vraiment passer un moment de détente.

    Mais hélas, rien de tout ça pour moi ! Ce film est une véritable catastrophe !

     

     

    Avant tout de chose, je tiens à dire que j’ai choisi (pour plusieurs raisons logiques) de ne pas faire de comparaison avec le film de Cocteau (autre temps autre mœurs je dirais), ni sur le dessin animé de Disney, et encore moins avec le livre que je n’ai pas lu. Parce que si on commence comme ça, je vais en avoir pour des pages et des pages.

     

    Mais commençons par les points positifs, parce que oui, il y en a !

    Le film possède une bande B.O. C’est assez rare, mais certains mauvais films peuvent avec de bonnes musiques. Dans le cas de Troie, la musique sauve un peu l’ensemble. Mais là, c’est si profond que la musique ne peut rien.

    J’ai beaucoup aimé le parti pris esthétique du design. Le domaine de la bête est vraiment sublime. Les roses et les feuilles mortes dans les couleurs nous transposent vraiment dans un monde fantastique. Les costumes sont aussi très beaux, même si hélas ils participent parfois au côté incohérent du film.

    Pour moi, la bête est vraiment superbe, même je trouve que ces « griffes » manquent un peu d’élégance.

    Voilà pour les bonnes choses…

     

    Les trucs que j’ai moyennement aimés.

     Les espèces de petits « pokémons » sont « sympas » dans le sens qu’ils auraient pu faire beaucoup dans cette réalisation. Surtout que ce n’est pas spécialement un délire du réalisateur, car il y a une bonne explication (logique) pour leur présence. Ce qui m’a déçu, c’est qu’ils ne servent à rien… hormis avoir un truc « mignon ». La narratrice (je reparlerai de celle-là) dit qu’ils deviennent les meilleurs amis de Belle. Mais à aucun moment on n’a l’impression qu’ils le sont vraiment…

    Par moment, on sent que le réalisateur tente des effets de couleur (et donc un parti pris esthétique) avec du rouge avec du blanc et du noir. J’avoue que ces passages sont intéressants, mais comme ils ne sont que des passages (le reste du temps, c’est « normal »), il se retrouve donc avec une incohérence visuelle

    Ce qu’on pourrait appeler l’intrigue de base (hormis la romance) est assez bien fait, mais ne permet pas de combler les lacunes des « mauvais points ». Surtout que la Belle et la Bête est une histoire sans vraie surprise.

     

    On passe donc à ce que je n’ai pas aimé… hélas…

     

    La première chose qui m’a désagréablement surprise, c’est l’absence totale de jeux d’acteurs. C’est bien la première fois où j’ai l’impression que les acteurs ne sont pas dirigés. Comme j’ai dit en intro, je pensais que la miss Seydoux (petite-fille Pathé, donc on sait pourquoi elle joue) allait gâcher le film avec une interprétation désastreuse qu’on aperçoit déjà dans la BA. Mais comme tout le monde est mauvais… Même André Dussolier et Vincent Cassel qui ont pourtant fait leur preuve ! J’avoue que je n’arrive pas à savoir si c’est parce qu’ils jouent mal, car mal dirigé ou si c’est les dialogues complètement plats, sans substance et avec un phrasé à mi-cheval entre le film et le théâtre… Bref, une vraie catastrophe !

    Et je ne parle même pas de Léa Seydoux qui est abominable ! Il n’y a aucune émotion ni dans sa voix, ni dans son jeu, ni même sur son visage ! J’avais l’impression de voir une machine qui récitait mécaniquement son texte… Même Eva Green (et vous savez bien comme je la déteste) est meilleure ! Je pense que toute personne qui se fait pleurer avec des oignons donnera plus l’impression d’être malheureuse qu’elle !

     

    Tout le monde connait l’histoire de la belle et la bête, même si personne n’a lu le livre. Donc, faire une intrigue surprenante ou un peu inattendue, ce n’est pas facile. On sait tous que c’est une histoire d’amour et que ça finit bien. Et là, j’avoue qu’il y en a des choses à dire…

    Là où une certaine originalité pouvait transparaitre, ce sont les circonstances qui ont fait que le prince est devenu une Bête dans son domaine maudit. Le réalisateur a fait un choix qui, je l’avoue, ne me pose pas de soucis. Mais le problème, c’est qu’on devine très vite ce qui s’est passé ! Non pas parce qu’on cogite comme des sauvages pour savoir pourquoi, mais parce qu’on nous le montre et nous le fait comprendre bien avant le personnage de Belle. Et là, on commence vraiment à décrocher de l’histoire ! À quoi ça sert de nous faire des flash-back durant tout le film, si on sait ce qui s’est passé ?

    Pour faire un aparté sur les flash-back, j’avoue que le parti pris esthétique ne m’a pas emballé : Belle rêve du passé du prince, mais dans son rêve elle passe encore dans un miroir... Le principe « du rêve dans le rêve » est un peu lourd. Perso, je pense qu’il aurait pu être plus intéressant que Belle découvre un ou des miroirs dans le château. Bref…

     

    Maintenant, on va parler du point qui fâche : l’histoire d’amour. Oui, je vous vois déjà « mais de toute façon, tu n’aimes pas les romances, pour toi l’amour c’est de la merde »… Oui, c’est vrai, je ne suis pas une grosse adepte. Mais j’adore la « Leçon de piano », et si çà ce n’est pas une belle histoire d’amour. Bref, j’aime les histoires d’amour bien faites ! Et comme je ne suis pas encore complètement débile, je sais qu’il va y en avoir une dans La Belle et la Bête ». J’imaginais donc un truc à la Disney : rapide, simple et un peu neuneu… Hélas… rien de tout cela… Mais quand je ne dis rien, ce n’est rien. Il n’y a pas de romance !  

    L’histoire entre Belle et la Bête est complètement incohérente ! Si du côté de la Bête, on peut tolérer le côté « coup de foudre » (mais franchement, je n’y crois pas trop), du côté de Belle, on ne comprend pas vraiment son désir de revoir la Bête, ni même qu’elle en tombe amoureuse ! Merde, un mec vous séquestre, vous fous les boules, manque de vous tuer, mais prend quand même la peine de vous sauver la vie et là… boum… c’est l’amour fou ? Heu… Oui, à ce moment du film, Belle découvre que la Bête a peut-être bon fond… Mais de là à en tomber amoureuse… Ou alors Belle n’est pas trop différente de ces sœurs et elle est super vénale : elle adore les robes que la Bête lui offre chaque jour…

    Je ne reviens pas vraiment du côté de la Bête parce que c’est un peu pareil…

    Une romance complètement incohérente… et qui n’est pas la seule. Il y a aussi une romance dans le passé du prince et qui est responsable de sa malédiction. Mais là encore, j’ai trouvé les choses super incohérentes… Je ne peux pas en parler sans spoiler… Les réactions de certains personnages sont juste pas logiques par rapport aux circonstances !

     

    Avec les romances incohérentes, on touche à un autre problème du film : les personnages. Et principalement, Belle. Impossible savoir sur quel pied danser avec elle. Au début, on a l’impression de voir une jeune femme que la vie bourgeoise n’émerveille pas et qui se sent mieux à la campagne, dans son jardin. Tout le contraire de ces sœurs. Donc une jeune femme simple et courageuse (n’oublions pas qu’elle prend la place de son père)… Mais une fois chez la Bête… On a parfois l’impression qu’elle se comporte comme ses sœurs vénales, on a l’impression de voir une petite bourgeoise prétentieuse… Et avec la romance ratée… Un personnage que je ne suis vraiment pas parvenue à cerner… L’ensemble des réactions qu’elle peut avoir n’est pas crédible… Probablement pas aidé par des éléments de réalisation : les coiffures qu’elle arbore (adapter à chaque robe) sont impossibles à réaliser seules, et ce ne sont pas les « pokémons » qui l’aident…

    La Bête aussi manque de travail de fond…

    Pour les autres personnages, c’est un peu moins mauvais, mais ce sont des personnages secondaires. Mais je ne dis pas que c’est mieux…

     

    Vous en avez marre des points négatifs ? Ça tombe bien, je n’ai pas fini !

    Le réalisateur a réalisé ce film, ce conte, comme un film d’action. Hélas je n’ai pas accroché du tout ! Des plans dans tous les sens (et pas que dans les scènes d’actions où la succession de plans peut donner un effet de vitesse et de dynamisme). On a un domaine maudit sublime, mais on ne parvient pas à plonger complètement dedans tant la façon de film nous place à l’extérieur du film. Il n’y a pas de magie, de charme, de fantastique dans la manière de montrer les choses.

    Par exemple, quand la Bête bondit comme un fauve : oui, c’est beau… une fois… Au bout de la quatrième, on en a marre. Surtout qu’il y a un côté « je me la pète », je me montre plus qu’une réelle recherche d’esthétique ou de mise en scène. C’est assez flagrant à cause des mouvements de sa cape.

    C’est à coupler avec le point « moyen » sur le jeu de couleur pour l’esthétique du film…

    Et il y a toute les petites incohérences de réalisation : les coiffures que Belle ne peut faire faire seule, les robes qu’elle ne peut pas mettre correctement seule ! (les dames d’atours, elles étaient là pourquoi à votre avis ? Et je sais de quoi je parle puisque j’ai un corset que je peux mettre sans soucis, mais que je ne peux retirer seule…No comment.)

    Certains plains font références à d’autres films et font mal aux yeux…Genre la Bête qui marche sur un mur comme Dracula dans le Bram Stoker’s Dracula de Coppola…

     

    Et le dernier point que j’ai aimé, c’est la voix off (de Léa Seydoux, hélas… même là, elle n’est pas foutue de bien faire les choses). Si au début du film, on comprend ce choix (c’est une maman qui lit une histoire à ses enfants) pour nous mettre dans l’histoire ; ça coupe complètement le spectateur du récit lors du déroulement du film. Ces parties narratives n’apportent rien au récit, c’est lourd et inutile.

     

     

    J’avoue que durant toute la nuit, j’ai essayé de cogiter cette critique en me disant : « non, mais tu abuses, il y a surement des bons points qui t’ont échappé parce que tu t’es braquée… » Hélas, hormis les points moyens, je ne suis pas parvenue à faire mieux que lors de ma sortie de la salle…

    Je suis donc épouvantablement déçu, mais aussi incroyablement étonné que ce film ait pu sorti en l’état ! C’est mal joué, c’est mal filmé, l’intrigue amoureuse est incohérence (un comble pour une histoire qui repose sur ce point) et certains éléments (comme la malédiction du prince) sont mal mis en scène, les personnages sont aussi incohérents.

    Oui, visuellement il est parfois beau et il y a une bonne musique… Mais hélas, cela ne sauve pas la réalisation.

    Bref, un film sans intérêt.

     

    À vraiment évité. À encore plus éviter si vous êtes un amoureux du film de Cocteau et/ou du Disney.

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