• D'Encre et de Sang (3)

    Et voilà la suite de ma nouvelle vampirique "D'Encre et de Sang". Les premières parties sont ici et .  N'hésitez pas à laisser des commentaires.

     

    Synopsis : Lowell Morgan est un jeune écrivain en mal de reconnaissance. Alors qu'il séjour chez des amis, il fait la connaissance d'une étrange demoiselle restée inconsciente durant plusieurs jours et que personne ne connait. Elle devient sa muse.

    Rating : tout public

     


    D'Encre et de Sang (suite)

     

     

    Morgan fut d’humeur assez morne en ce matin de pluie. Les deux cauchemars qu’il avait fais sur sa muse l’avait marqué. Ce n’était pas dans ses habitudes de faire de tels rêves. Il n’avait osé se rendre au chevet de l’étrange endormie. Le docteur avait prescrit du repos et il craignait d’être une gêne.

    Il tourna en rond pendant de nombreuses heures. Julian, le majordome, lui proposa de s’installé dans la grande bibliothèque de monsieur McAllister mais il refusa courtoisement. Le mélancolique écrivain n’était pas d’humeur à se plonger dans un livre quel qu’il soit. Gagné par l’ennui, il se rendit dans ses appartement pout y relire ses notes. Il fut impressionné par ses propres écrits. Jamais de toute sa courte vie il n’aurait pu imaginer des textes d’une telle beauté. Sa muse lui avait vraiment permis de s’améliorer. Malgré l’état de cendre de son imagination, il tenta de continuer son œuvre. Mais aucunes des choses qu’il écrivit ne lui convaincs.

    L’heure du thé venait de passer. Le médecin n’était encore passé. Morgan espérait que la pluie qui tombait tambour battant n’allait pas lui faire annuler sa visite. Le jeune homme n’était pas particulièrement inquiet. S’il y avait le moindre soucis, Mathilde l’aurait fait mander immédiatement. La petite bonne était bienveillante envers sa protégée. Presque toutes les demi-heures, elle vérifiait si tout allait bien.

    Ne parvenant pas à dissiper son ennui, Morgan se rendit au chevet de l’endormie. Il savait la chose peu raisonnable. Cependant, il ne supportait plus son inactivité. Son espoir était de voir l’Imagination revenir.

    Comme à l’accoutumer, il baissa la puissance de la lampe avant de rentrer dans la pièce sombre. Mais y en pénétrant, ses yeux ne subirent pas la même agression que d’habitude. L’esprit du jeune homme mit quelques secondes pour se rendre compte que la luminosité avait changé. Cette clarté était naturelle. Ses yeux se portèrent vers la haute fenêtre de la chambre, constamment fermée depuis l’installation de l’inconnue. C’est là, à contre jour que se dessinait un longue et fine silhouette. Délicatement enveloppée un drap, la belle au bois dormant s’était éveillée. Complètement immobile, elle contemplait les gouttes d’eau qui s’écrasaient contre les vitres.

    Morgan aussi était figé. En aucun cas il ne s’était attendu à la voir levée. Quand il regagna ses esprits, son premier reflexe fut de retourner dans le couloir pour prévenir Mathilde. Il lui ordonna d’aller faire chercher le docteur Mercy immédiatement.  

                La jeune femme brune n’avait pas bougé un cheveu. Le temps en dehors semblait la captiver, ou alors son esprit était complètement absent. Ses yeux mis clos ne reflétaient aucune présence. Le teint de sa peau aurait fait pâlir n’importe quel mort tant il était blanc. Toute sa personne dégageait une étrange noblesse. Cela venait probablement de sa posture, le dos droit, les épaules fières. Ses mains tenaient délicatement le drap qui la couvrait.

    Perturbé par l’immobilisme de la demoiselle face à l’agitation que son réveil avait provoqué, Morgan s’approcha doucement.

    Il l’appela d’une voix calme et posée pour ne pas l’effrayer. Mais une nouvelle fois, elle ne réagit pas. Le jeune écrivain décida alors de lui poser une main sur l’épaule. Peut-être que l’étrange inconnue était sourde ?

    Quand il voulu la toucher, il sentit une légère froideur se dégager d’elle. Celui lui parut étrange car c’est un peu de chaleur qui aurait du émaner d’elle. De plus, un corps est toujours un chaud lorsqu’il sort de sous les couettes. Un frisson parcouru l’échine de l’écrivain. C’était comme si son instinct le poussait à ne pas s’approcher plus près de la jeune femme. Cette sensation se dissipa vite.

    « Mademoiselle ? » murmura-t-il tout en lui posant la main sur l’épaule.

    Lentement, elle tourna la tête vers lui. Ses yeux semblaient morts. Une sorte de voile ultrafin recouvraient l’ensemble de ses pupilles. Cela s’harmonisait avec son teint. En le voyant, elle sourit. Elle semblait épuisée. De larges cernes violacés se dessinaient sous son regard. Ses lèvres éclataient d’un rouge sanguin. Cette partie de son visage attira l’attention de Morgan. Il ne put s’empêcher de repenser à ses rêves.

    La belle endormie lui sourit tendrement. Ses dents, couleur neige et parfaitement alignées, étaient mise en valeur par ses lèvres magenta. Le cœur de Morgan fit un bond dans sa poitrine. Jamais de sa vie il n’avait rencontré une aussi sublime demoiselle. Sa chevelure brune légèrement ondulé tombait jusqu’à ses hanches. Cette noirceur faisait éclater la pâleur de son visage.

    « Bonjour. » lui dit-elle.

    Mais à peine lui avait-elle répondu qu’elle s’évanouit dans les bras de Morgan. Il reste un moment interdit, ne sachant que faire. Il observa celle qui venait de lui tomber dessus. Par inadvertance, ses yeux se posèrent sur la petite poitrine ronde. Celle dernière reposait sur son torse, se soulevant doucement au rythme de la respiration de l’inconnue. Il se sentit rougir ca à une telle proximité. Il finit par reprendre ses esprits pour appeler de l’aide. Mais personne ne vint.

    Morgan souleva aussi délicatement qu’il put la jeune femme. Il n’était un homme fort et il eut tout le mal du monde à la conduire dans le lit. A plusieurs reprises, il manqua de trébucher ou tituba. Sa muse n’était pas lourde, mais ses muscles lui faisaient défauts. L’écrivain la posa, aussi doucement que possible, sur son lit. Il la couvrit avec une couverture qu’il tira. La fraicheur qu’il avait ressentit en la touchant l’inquiétait. Jamais de sa vie, il n’avait été en contact avec un corps aussi froid. Il mit un cousin sous la tête brune pour qu’elle ne se fasse mal.

    Heureusement, le docteur Mercy et Mathilde arrivèrent. La petite bonne tremblait de tout son corps et était essoufflée. Le réveil de l’inconnue l’avait quelque peu secoué. Le médecin, lui, était impassible. Les années de métier l’avaient rodé à ce genre de situation. Son premier reflexe fut de prendre le pouls de sa patience. Puis il l’occulta de A à Z. Pendant cet exam, la jeune femme reprit connaissance. Ses yeux avaient toujours ce voile laiteux.

    « Son pouls est un peu faible, mais rien de bien méchant. Il va falloir l’alimenter correctement pendant quelques jours et tout devrait revenir normal. » dit-il en direction de Morgan qui, en l’absence des McAllister, conduisait la maisonnée. « Je vais devoir informer les autorités qu’elle est sortie de son coma, » elle les regardait d’un air interrogateur, « mais je préférerai qu’ils ne viennent que dans quelques jours, histoires qu’elle se remette un  peu. Je vous conseille de garder un bon œil sur elle. On ne sait jamais. »

    Sur ce, il salua le petit groupe et prit congé.

                Malgré ses lourds cernes, la mystérieuse inconnue était parfaitement éveillée. Elle observait les deux personnes qui l’encadraient, Morgan à sa droite et Mathilde à sa gauche. On aurait pu la prendre pour un animal qui découvrait un nouvel environnement. Ses pupilles semblaient légèrement dilatées. Le jeune écrivain ne trouva pas cela normal, mais il se fiait aux dires du docteur.

    « Bonjour, » dit-il maladroitement, « je suis Lowell Morgan. Elle, c’est Mathilde, une domestique. Vous êtes ici dans la demeure de sir Augustus McAlliser. Personne ne vous fera de mal ici. »

    Elle ne répondit pas, un peu comme si elle ne comprenait pas ce qu’il disait.

    « Quel est votre nom ? 

    _Sìne. »

    Morgan resta bouche bée face à cette réponse. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle lui réponde ainsi. La petite bonne, elle, était tout excitée.

    « Heu, pardon ? 

    _Je m’appelle Sìne. »

    Elle s’assoupit aussitôt. Mathilde pressa l’écrivain de sortir de la pièce pour que leur invitée puisse être au calme. Toutes ces émotions avaient du l’épuiser. Avec sa délicatesse naturelle, elle rehaussa la tête de la jolie brune avec de nombreux cousins, la couvrit correctement avant de se précipiter en cuisine pour que l’on prépare une soupe revigorante. Le docteur avait dit qu’elle devait manger. Mais après un aussi long séjour, son estomac ne devait pas être en état d’ingurgiter des aliments durs.    

                Sìne. Ce nom résonnait déjà dans la tête du jeune écrivain. L’Imagination revenait. Il sentait que sa main réclamait une plume. Elle voulait coucher sur papier ce que le cerveau lui envoyait. Une sorte de frénésie envahissaient ses doigts.

    Dès qu’il eut regagné sa chambre, il céda à la volonté de son esprit. Les mots s’alignaient à une vitesse folle. Morgan n’était même pas sûr de savoir ce qu’il écrivait, mais il écrivait. Combien de feuilles remplie-t-il cette journée là ? Il l’ignorait. Mais tant que son esprit était vif et inspiré, il devait continuer. Julian, à plusieurs reprises, lui conseilla d’arrêter son travail pour venir prendre au moins un encas, mais l’intéressé refusa. Soucieux pour l’invité de son maitre, il lui déposa de quoi se restaurer.

    La lune était déjà en train de retomber quand, épuisé, Morgan lâcha enfin sa plume. Il se sentait à la fois vide et complet. Vide car son énergie avait disparu, complet car son histoire, son roman avait bien avancé. A cette vitesse là, c’est un pavé qu’il aura rédigé à la fin de son séjour. Les doigts crispés par sa frénésie, la tête en pagaille, Morgan se traina, heureux, vers son lit. Il ne mit pas longtemps pour sombrer dans le sommeil.

                Cette fois encore, il rêva. Sìne était là, sur un ponton, se trempant délicatement les pieds dans l’eau. Cette fois-ci, il l’appela par son nom. Un sourire sublime illumina la jeune femme. Elle invita ce dernier à la rejoindre, ce qu’il fit. Assis tout les deux paisiblement sur le pont, ils se tenaient la main, comme des adolescents lors de leur premier amour. Ils ne disaient rien, ils se regardaient langoureusement. Morgan prit la parole en premier.

    « Tu sais, tu n’as rien à craindre à la demeure McAllister. Dès que tu seras mieux, je pourrais t’aider à retrouver ta famille. 

    _Je n’ai pas de famille. Et puis, je n’ai pas peur, tu sais. C’est toi qui devrais avoir peur de moi. » lui répondit-elle en souriant, laissant apparaitre deux longs crocs blanchâtres.

    Pour une raison inconnue, Morgan prit peur. Il eut une sensation de dégouts. Les lèvres sanguines de son amie ne faisaient qu’augmenter l’angoisse de l’écrivain. La panique le gagna soudainement. Il se leva d’un bond et s’enfuie. Son esprit voulait mettre un maximum de distance entre lui et elle.

                Morgan se réveilla brusquement, encore prit par cette impression de « tomber du trottoir ».       

     


    La suite est ici.

    « Les Yggardiens : Novogord, Chap.01Le repaire du Ver blanc »

  • Commentaires

    1
    Lundi 14 Février 2011 à 12:00
    Tu as des idées intéressantes, que tu sais mettre en place et gérer dans le temps. C'est un peu dommage qu'il y ait autant de fautes d'orthographe et de grammaire, parfois il s'agit juste d'étourderie... je crois franchement que tu devrais continuer, surtout si tu y prends plaisir !
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