• Cinéma et Concert Yakoutes (et Evènes)

    Vendredi dernier se tenait à Rennes un colloque intitulé « Minorités et Mondialisation ». Dans ce cadre, j’ai pu assister à un ciné-débat ainsi qu’à un concert de musique traditionnel Yakoute et Evène, l’ensemble animé et proposé par Emilie Maj (ethnologue spécialiste de la Yakoutie).

     

    Pour commencer, une petite carte pour situer la République de Sakha (ou Yakoutie).

     

     

    Le ciné-débat.

     

    Cet événement, ainsi que le suivant, s’est tenu au Tambour de Rennes 2.

     

    Trois films étaient projetés à cette occasion.

    Ogo kujuurduu turara (L’enfant du lac) de Prokopi Nogovitsyn : Pour se sauver de la faim et continuer à payer ses études, un garçon va pêcher sur le lac gelé. Il demande à l’esprit du lac de lui donner du poisson. Mais, affamé, il perd conscience et rencontre ses ancêtres.

    Kündül de Viatcheslav Semionov (documentaire) : 1942 fut l’année des grands déplacements de population en Union Soviétique. Le Comité central des armées ordonne le déplacement en arctique d’une quarantaine de kolkhozes de la région de Tchouraptcha en Yakoutie centrale pour y organiser des pêcheries destinées à nourrir les soldats du front. 4988 habitants furent envoyés sans nourriture et sans préparation dans le nord…

    Balyksyt (Le pêcheur) de Viatcheslav Semionov : En pays Sakha, au cœur de la forêt sibérienne, un vieux pêcheur vit sur la rive d’un lac oublié. Fuyant les hommes, tel un ermite, il loue chaque jour les esprits pour la nourriture que la nature lui donne. Un jour, alors qu’il relève ses nasses, il aperçoit la tête d’un homme qui dépasse de l’eau. D’abord terrifié par la vision de cette tête coupée, il se rend compte que l’homme est vivant. Il décide de lui venir en aide.

     

    Emilie Maj nous présenta ces films afin que nous, spectateurs occidentaux, soyons prévenus des différences culturelles et techniques que ces films pouvaient présenter.

    À ma grande surprise, ces productions sont de très bonnes qualités, même si l’on sent des caméras utilisées ne datent plus d’hier.

    Les deux films sont d’une très grande poésie. La nature est un personnage important, il faut dire qu’elle est particulièrement belle ! Cette particularité vient de la relation puissante que la population Sakha a avec cette dernière. La nature est (même s’ils vivent de plus en plus en ville) liée à leur culture, à leur mode de vie et de croyance.

    Bref, des films que j’ai apprécié de regarder.

    Le dernier est un documentaire sur un moment assez triste. Le narrateur, un peintre, raconte comment enfant, il a du quitté son village. Ce moment d’histoire et de nostalgie m’a beaucoup touché, surtout que l’on sait à l’avance que cette histoire va être tragique. Les gros mouvements de population (forcés) ne se passent jamais bien.

     

    Cela a été pour moi une belle découverte. J’ai aussi appris que le cinéma Yakoute est en pleine expansion, car très apprécié là-bas. J’espère que d’autres productions, surtout des longs-métrages, avec leurs identités propres pourront nous parvenir un jour, surtout vu la qualité ces courts-métrages proposés à ce ciné-débat.

     

    Le concert de musique Yakoute et Evène. 

     

    Le concert nous proposait de découvrir des chants (et danses) de différentes populations de la République de Sakha : Yakoute bien sûr, mais aussi des 5 ou 6 autres minorités qui peuplent le territoire.

    Les trois artistes, Saina, Amgayana Grigorieva et Margarita Kirillina chantaient, utilisaient de percussions (tambours) et jouaient de la guimbarde, nommée « Khomus » là-bas, ou encore du kyryympa (violon yakoute).

    Encore une fois, ce fut une très belle découverte ! Les chanteuses utilisaient plusieurs techniques de chant et je peux vous dire que c’était sacrément bluffant ! Leur maitrise de leur instrument était aussi impressionnante ! J’ignorai que l’on pouvait faire tant de choses avec une guimbarde (la seule vision que j’avais de cet instrument vient du film Croc-Blanc).

    Je ne pourrais pas ici vous redonner tous les noms des morceaux ni le type de chants que j’ai pu découvrir, mais ils étaient variés.

    Le petit plus de ce concert fut les invitations des artistes à participer. J’avoue avoir été assez timide sur la partie chant. Les gens qui me connaissent bien savent que je chante comme une casserole. Je n’aime pas particulièrement danser, mais refuser une invitation à participer à des danses sibériennes est une chance que l’on ne refuse pas. Ces danses se sont faites en cercles, comme pour certaines danses bretonnes. C’était vraiment un très bon moment, même si on se marchait tous un peu sur les pieds : les jeunes de la salle ont été très réceptifs à cette chance.

     

    Une soirée mémorable pour moi !

     

    À cette occasion, j’ai pu rencontrer Emilie Maj, une ethnologue spécialisée dans la culture Yakoute, et en particulier dans le cheval. Une jeune femme adorable et très accessible qui m’a offert beaucoup d’information sur cette population qui m’intéresse. Elle m’a fourni de très nombreuses références d’ouvrages ou d’articles.

    J’en profite pour parler de la maison d’édition, Borealia, qu’elle a fondé pour promouvoir la culture yakoute, mais aussi pour les autres cultures du Nord. Elle a édité plusieurs CD de musique arctique (allez faire un saut par ici).

    Je tiens à la remercier chaleureusement : elle m’a proposé ses deux livres jeunesse en SP, ainsi qu’un autre ouvrage sur la réalisation d’un film sur les communautés nomades, ainsi que deux CD de musiques (avis aux amateurs de musiques : n’ayant jamais encore chroniqué de cd, tout conseil est le bienvenu).

     

     

    Le colloque Minorité et Mondialisation.

     

    Vendredi, l’association Bretagne, Culture et Diversité organisait un colloque sur les minorités et la mondialisation.

     

     

    Je n’ai pas insisté à l’intégralité de ce colloque.

     

    Le matin, je suis retourné au Tambour pour assister à un cours d’ethnomusicologie lié au concert de la veille.

    La salle était pleine lors du concert, elle était vide ce matin-là. Un vendredi matin, la veille de vacances, même à 10 h… Bref, les étudiants…

    Pourtant, ce fut un moment intéressant. Ce fut l’occasion de revenir ce qu’il avait été présenter à la veille, sur les instruments, les types de chants, les techniques de chants. Je suis désolée de ne pas plus développer mon propos, mais la musique est un univers (même culturellement) que je maitrise mal.

    Visant principalement les étudiants en musique de la fac, j’ai pu obtenir une bibliographie pour aussi bien approfondir ses connaissances sur les cultures yakoutes et sibériennes, mais aussi sur la musique de ces régions.

    J’ai aussi eu le plaisir de retrouver Emilie Maj.

     

    L’après-midi, j’ai donc assisté à la partie du colloque intitulé « Découvrir » qui abordait le cas des minorités de la République de Sakha (minorité autochtone). Les Yakoutes y sont majoritaires, mais l’on trouve aussi des Evènes, des Evenks, des Yakouguirs, des Dolganes et des Tchouktches.

    Étaient présents pour intervenir une Evène, un Yakouguirs et deux Yakoutes (des universitaires).

    Pour faire court, le « maintien » de ces cultures, face aux changements, tient à la langue. Les locuteurs, selon les ethnies, sont plus ou moins nombreux. Les Yakoutes étant ceux qui s’en sorte le mieux, mais il représente l’ethnie majoritaire.

    Les événements et les politiques de l’URSS et même de la Russie actuelle ont joué et jouent toujours un rôle important dans la préservation ou non de ces cultures, surtout que la Yakoutie est une région très (très riches).

    Je résume assez mal les deux heures de conférences, mais c’était intéressant de découvrir le moyen qu’usent des populations pour conserver leurs cultures tout en cherchant à évoluer avec le monde.

    Mais la principale chose à retenir, c’est que ces cultures pourront plus facilement survivre grâce à la survie de leurs langues.

     

    Je n’ai pas assisté à la suite du colloque pour diverses raisons.

     

    Le vendredi soir c’est terminé par une petite soirée contes chamaniques sibériens en compagnie de la conteuse Lania. Un moment très sympathique dans un petit bar de la place St Anne.

     

    Voilà pour ces jeudis et vendredi riches en découvertes, rencontres et réflexions. J’espère ne rien avoir oublié…

     

    Une dernière fois, je tiens à remercier Emilie Maj pour sa gentillesse, son plaisir à échanger ainsi que pour les SP qu’elle m’a fourni.

    (PS : la thèse d’Emilie Maj sur le cheval en Yakoutie est disponible gratuitement sur internet, ainsi que quelques articles).

     

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